Dans leur showroom installé en plein quartier des Petites Écuries à Paris, nous avons rencontré Elvire et Marie-Cerise, les deux fondatrices de la marque OMY. Fresques, posters ou encore cartes postales : leurs coloriages se sont imposés comme un concept novateur qui séduit toute la famille. Aujourd’hui, elles reviennent sur leur histoire, leurs collaborations et leurs projets.

Comment OMY est-il né ?

Marie-Cerise : Elvire et moi nous sommes rencontrées aux Arts Déco et nous travaillons ensemble depuis longtemps. OMY est né il y a trois ans et demi environ, alors que nous étions toutes les deux dans une agence de graphisme. Un jour, nous avons eu envie de développer notre propre projet de produit graphique, avec l’idée de se faire plaisir avant tout.

Elvire : L’idée était vraiment de proposer des produits graphiques colorés, qui décorent et à destination de tous les âges. Rapidement, nous avons mis en ligne notre e-shop et avons participé au salon Maison & Objet qui nous a apporté une vraie visibilité. Cela a permis de nous faire connaître et nous sommes vite passées du stade « artisanal » à une production industrielle !

Justement, comment expliquez-vous le succès de OMY ?

Marie-Cerise : À partir du premier coloriage géant que nous avons conçu, il y a eu un véritable engouement. Petit à petit, nous avons du adapter nos créations à un format plus « commercial » pour faciliter la production en série et les points de vente comme Fleux’ se sont très vite multipliés.

Elvire : C’est également un succès car le produit que nous proposons n’existait pas ; on connaissait déjà les posters ou les affiches, mais pas les coloriages à accrocher au mur. De ce concept, on en a donc tiré des déclinaisons de beaux dessins, graphiques et décoratifs, en divers formats : fresques, posters, frises, cartes postales…

À l’automne 2015, vous avez collaboré avec Fleux’ pour sortir le poster Zwicky The Cat. Quelles étaient vos inspirations pour ce projet ?

Marie-Cerise : C’est un thème très inspirant où nous sommes parties de l’idée d’intégrer la figure du chat, celle de Zwicky, dans des mises en scène un peu fantastiques. On a beaucoup échangé nos idées avec Fleux’ et nous avons choisi de créer un all-over dans un paysage de nature et de plantes diverses, mélangées à des typographies ludiques.

Des enfants aux adultes, votre univers ludique concerne toute la famille. Est-ce une volonté de votre part ?

Elvire : OMY se destine à tous les âges même s’il est vrai que l’on a commencé avec des coloriages pour enfants. Notre identité reste bien sûr marquée par un style drôle et ludique mais cela ne nous empêche pas de proposer des créations pour adultes.

Marie-Cerise : C’est le cas de la collection « City », où l’on traduit les villes du monde comme Paris, New York ou Londres à travers notre esprit créatif. En studio, il y a un vrai travail de recherche sur les spécificités de chaque ville, car nous attachons une importance particulière à l’idée de faire passer un message ou bien d’apprendre quelque chose à travers un angle sympathique, rigolo.

Votre notoriété et votre fibre créative vous ont permis d’investir des institutions comme le Centre Pompidou et le Grand Palais, par le biais d’ateliers pour enfants. Quels souvenirs gardez-vous de ces expériences ?

Marie-Cerise : Quand le Centre Pompidou a fait appel à nous, cela nous a apporté une certaine légitimité et nous a inscrit dans un milieu à la fois culturel et artistique, qui rejoint notre démarche créative de base.

Elvire : La collaboration avec les musées est très enrichissante pour OMY, et nous a ouvert d’autres horizons. On a par exemple créé des posters à colorier Jeff Koons ou Keith Haring, proposés au Centre Pompidou et au MoMA à New York.

À l’heure du tout-numérique, vous avez su dépoussiérer une activité ludique, le coloriage, en le remettant au goût du jour. Le média numérique est-il quelque chose qui s’inscrit dans vos projets ?

Marie-Cerise : Depuis le départ, nous souhaitons que OMY s’impose comme une vraie marque de produit à vivre, tout en conservant sa créativité. Inévitable, le numérique pourrait donc être en effet un prolongement de l’expérience papier.

Elvire : Oui, on ne peut pas passer à côté. On y réfléchit beaucoup en ce moment et comme nous sommes inspirées par le quotidien, le numérique est bien évidemment une substance essentielle avec laquelle il faut réaliser des choses.

Si vous étiez Zwicky, que feriez-vous chacune dans les magasins après l’heure de fermeture ?

Marie-Cerise : Je pense que j’en profiterai pour inviter mes copains chats à se prélasser dans les coussins !

Elvire : Tester chaque meuble confortable de la boutique et briser le silence avec un karaoké entre amis-chats.

Si vous deviez définir le mot Fleux’, quelle serait pour chacune votre définition ?

Marie-Cerise :  Design, éclectisme et choix.

Elvire : Les 4 éléments : l’air, le feu, l’eau et la terre.

Pour chacune, si vous étiez… 
Un objet ? 

Marie-Cerise : un crayon !

Elvire : un fauteuil qui permet à la fois de discuter, de manger, de se reposer, de lire... et c’est une de mes pièces de designers préférées.

Un animal ? 

Marie-Cerise : Une panthère pour la souplesse !

Elvire : un oiseau de la forêt amazonienne.

Une ville ? 

Marie-Cerise : Une ville du sud où le soleil brille, c’est sûr !

Elvire : Paris, impossible de m’en défaire.

Une police d’écriture ? 

Marie-Cerise : Une Garamond, c’est mon côté classique.

Elvire : la Helvetica qui fonctionne sans souci sur tous les ordis.

Un artiste célèbre ? 

Marie-Cerise : Quino, le dessinateur de Mafalda !
 
Elvire : Madonna, pour sa longévité.